30 septembre 2009
Poème de Pierre Guérande
La menace
Il y aura ce pays bleu
à perte d'âme d'orpailleur
il y aura ces landes tièdes
que piègeront des mains voraces
il y aura ces pâturages
qu'on privera d'un juste prix
plus loin seront les forêts vierges
qui partiront les pieds devant
et jusqu'aux plages rituelles
qu'ensablera la haute mer
et les fleuves de pur satin
qui sombreront dans l'inconscience
la messe noire sera dite
sur un autel de fin de règne
et par l'échancrure du temps
paraîtra l'oeil des origines
Pierre Guérande
(Poème aimablement communiqué par Jeannine Dion-Guérin,
remerciements à Jeannine et à Pierre Guérande)
02 septembre 2009
Un nouveau poème d'Oscar Blacher : Mirage
MIRAGE
Je ne suis que mirage
Mirage d'étendues immenses
Mirage sans âge
Mirage qui pense
Mirage qui pense que le monde
N'est que mirage
Mirage immonde
Mirage d'un carnage
Un mirage
Sans pages
Gravé dans la pierre
Et que l'on continue a marquer, aujourd'hui et hier...
Oscar Blacher
poème aimablement communiqué par Oscar Blacher, avec nos remerciements
mise en ligne 2.09.09
31 janvier 2009
Sextine pour une onde poétique : poème d'Érica
Voici le thème d’aujourd’hui : l’onde
Dehors, tout est couvert de givre
Je tiens devant moi un livre
Qui donne un remède pour tout le monde
Contre le mal de vivre
Frondeur, insolent, il ose la faconde
Pourquoi en faire tout un monde ?
Poétique est aujourd’hui l’onde
Il suffit de la laisser vivre
Sans qu’elle se fige ou se givre
Pourvu qu’elle garde sa faconde
Et circule de livre en livre
Tiendrez-vous le pari du livre ?
Avec des mots, refaire le monde
N’ayez pas peur de ma faconde
Les mots glissent maintenant sur l’onde
Ils se rient du givre
Chuchotent même qu’il fait bon vivre
Pour l’amour du ciel criez VIVRE !
Ne jetez pas encore mon livre
Qu’importe si dehors il givre
Sifflent les hauts de hurle-monde
C’est devenu une gageure l’onde
Plutôt que le silence, préférer la faconde
Avec sa verve et sa faconde
Elle s’obstine dans le vivre
Elle suit le courant de son onde
En elle s’écrit un nouveau livre
Elle ne fait qu’un avec le monde
Oublie le givre
Elle est seule un soir de givre
Elle a perdu sa faconde
Elle n’existe plus pour le monde
Au loin, plus loin, elle part vivre
Je referme le livre
A la seconde je plonge dans l’onde
Qui est-elle cette ondine faisant fi du givre ?
Oscillante entre silence et faconde
Ange de lumière dans l’onde ?
Lu au coin des poètes, janvier 2009
thème : l’onde
Nathalie-Érica Cousin 10/01/2009
Ondine, terre cuite de Martine Canillac
Photo aimablement communiquée par Martine Canillac et reproduite avec son autorisation.
Avec tous mes remerciements.
08 décembre 2008
Mots de pluie
Mots de pluie François Fournet
Mots de pluie
qui tremble sur mes lèvres
feuillée de mots luisants
pour dire une soif
et cette peur de vivre
que murmure le vent.
Mots de pluie
qui glisse sur mes yeux
en attente de ciel
en désire d’astres purs.
J’ai froid dans les os du silence
froid de regarder l’espace
et sa voracité
froid de n’être qu’un humain
en quête d’existence.
Mots de pluie
si forts tombant entre mes mains
si durs heurtant l’intense incertitude
si purs dévoilant cette fragilité
ma vie.
Un sourire
Un sourire
Un sourire,
c’est un peu
de lumière parmi les ombres,
de chaleur au cœur du monde.
C’est un petit soleil
que tisonne un plaisir.
C’est la barque légère
où prend place l’amour.
Un sourire,
c’est si peu,
un simple pli
sur les lèvres des yeux,
l’esquisse d’une aile
pour donner le désir
de s’élever plus haut.
Un sourire,
c’est un matin
où l’on retrouve
cette barque légère,
sous l’esquisse d’une aile,
nous inviter à prendre
la place d’exister
sur le cours du bonheur.
05 mai 2008
DEUX POEMES D'OSCAR BLACHER (Ecole Pasteur 2 de Montmorency)
Acrostiche sur Hendrix
Héroïque selon moi
Equitable partageur
Noir comme le bois de la scène de Woodstock
Dieu des concerts
Rêveur qu'il était
Intelligent
Xénophobe il n'était pas.
Oscar Blacher
(Ecole Pasteur 2 de Montmorency)
Si j’écris ces lignes
Si j’écris ces lignes c’est pour faire revivre le vivre de la mort
Si j’écris maintenant et ici c’est pour dire que tout n’est pas fini
Si la mort trouve la vie la vie trouve la mort mais la mort, jamais ne vit
Si j’écris c’est que je vis
Si je me taisais c’est que personne m’aimerait et je mourrais
Mais la mort ne subsistera pas tant que la vie est encore là et ici.
Oscar Blacher
(Ecole Pasteur 2 de Montmorency)
poèmes reçus le 5.05.08 aimablement communiqués
par l'auteur que nous remercions.
30 avril 2008
POEME DE JEANNINE DION-GUÉRIN POUR LE 1ER MAI

Le bonheur a un arrière goût de muguet
Je veux dire qu'il en a l'odeur
l'envolée brève des sonnailles
En lui l'humidité des sous-bois
et cette étrange limaille
qu'émaille la paillette du chemin
Ton bonheur qui est aussi le mien
a le don des germinations ardues
au secret de l'humus il réclame
son dû de baies et de fleurs
Jeannine Dion-Guérin
(extr. de De chair et de lumière, ed. de l'Acanthe, p. 68)
BONNE FÊTE DU 1er MAI ET BON MOIS DE MAI A TOUS !
POEME DE FRED JOHNSTON
L'ESPRIT SOUS TERRE
- Lisa Feeney, une jeune irlandaise
qui a vécu dans un trou sous une autoroute
près du site sacré et historique, Tara,
en Irlande, pour le protéger -
Hélas, Lisa aux yeux gris,
les monstres arriveront
avec leurs grandes armes,
leurs mercenaires,
et leurs promesses
pour vous chasser -
ils pilonneront l'ordure
du Tigre Celtique
sur vos yeux riants,
et les journalistes vous oublieront:
ma p'tite, gardez bien
votre chambre sous terre,
chantez en toi-même la prière
que les déesses anciennes
vous ont donnée -
vous avez le pouvoir,
vous êtes le germe
qui prend la force dans l'obscurité.
FRED JOHNSTON.
Poème aimablement communiqué par
Fred Johnston pour le blog de l'Ouvre Boîte.
Avec tous nos remerciements
19 avril 2008
POEMES DE JEANNINE DION-GUÉRIN : LE JARDINIER
Jardinier 1
Il était des intimes sauvetages
nulle trace qui ne lui parût inutile
Les feuilles l'habitaient
il en percevait le frisson
il était d'écorce et de tronc
Vigile du secret
nul bourdon ivre de pollen
dont il pût ignorer la toison
de fourrure chaude
Dans le péril il était repêché
à la vasque des fleurs réchauffé
dans le port attiédi de la main
là où des cristaux de sel
aiment à rebâtir les villes
à la pointe des ergots.
Jardinier 2
Peau nue dans l'humus
la rosée lui festonnant les mains
il officiait,
grand prêtre
des éternelles Saturnales
Elle se souvint avec netteté
de quelques champignons pâles
qu'ils ne devraient pas piétiner
Dans le vent jusqu'à eux des relents de fumier...
Contre elle
il fomentait ses complots
des jeux de paumes et de mots
auxquels ni elle ni lui ne croyaient trop
Trésor de treille en vin nouveau, ils riaient...
De la cueillette au grappillage
la flibuste précédant l'abordage
Il fut corsaire de ses îlots
Jeannine Dion-Guérin
(variantes de poèmes extraits de : De chair et de lumière, ed. de l'Acanthe, 1997)
18 avril 2008
POEMES DE MAGGY DE COSTER
ARBOREAL
Une écluse de clarté
A ma vue s’ouvre
Clarté qui se déploie
Comme la chevelure
D’une fée au matin
Quand la spirale des vagues
A l’aurore de mes envies
Tressées d’amour
A fendre les digues de mon cœur
Déroge à la raison
Les arbres drapés
Du tissu de l’aurore
Lorgnent vers le ciel luminescent
Comme pour interpréter
Le songe des étoiles
Avant la chorale matinale des oiseaux
Maggy De Coster
25 Janvier 2008
Corps étalés sur le sable mouvant
Dans la vaporescence du matin
Dilution des pensées dans les accords des saisons
Parade des oiseaux-lyres
Sous un ciel de jade
Énigme des passions qui surgissent
Dans la pétillance des cœurs
Épisode à insérer dans les vertèbres du temps
Maggy De Coster
Les roses du matin
Ne sont pas écloses
Dans la prairie qui borde le Manoir
Seuls les bleuets y règnent victorieux
Et les heures défilent
Entraînant sa cohorte de défaite
Pour les infatigables jardiniers
Arracheurs de mauvaises herbes
Et de pousses stériles
Viendra le jour où germeront
Les semailles de la victoire
Maggy De Coster
Plaine endormie
Après l’averse
Journée perdue
Des pas rythmés
Sur le plancher
Sommeil léger
Des pans d’espoir
A ciel ouvert
Au clair matin
Formes fragiles
Tiges grimpantes
En terme ferme
Un ange passe
Des idées naissent
La lumière luit
Dans le creux des vagues
Logent les pensées
Des enfants perdus
Maggy De Coster
17 mars 2008
(poèmes aimablement envoyés par Maggy de Coster que nous remercions)
Le Site du Manoir des Poètes
Le Site perso de Maggy DE COSTER





